Voyager en Chine en hiver est souvent perçu comme une option peu favorable. Pourtant, la Chine en hiver offre une lumière claire et une fréquentation plus faible.
Cet itinéraire de dix jours, réalisé début décembre, propose un premier aperçu très contrasté de la Chine urbaine et culturelle. Il combine grandes métropoles, villes portuaires, patrimoine impérial et nature sacrée, principalement en bullet train.
Le parcours relie Shanghai, Qingdao, Tai’an, Tianjin et Pékin. Décembre s’est révélé être une excellente surprise : couleurs automnales et températures encore douces à Shanghai et Qingdao, froid sec et ciel bleu plus au nord. Apparemment, j’ai eu de la chance.
C’est un voyage dense. Je visite beaucoup et marche énormément. Le rythme peut sans problème être étalé sur davantage de jours, surtout dans les grandes villes.











Aperçu
- JOUR 1 à 4 – Shanghai
- JOUR 5 – Qingdao
- JOUR 6 – Tai’an et Mont Taishan
- JOUR 7 – Tianjin
- JOUR 8 à 10 – Pékin et Grande Muraille
- 5 applications indispensables
- Internet et VPN
- Logements et localisation
- Nourriture végétarienne
- Orientation et déplacements urbains
- Paiements et argent
- Trains et gares

Itinéraire jour par jour
JOUR 1 à 4 – Shanghai
Shanghai est souvent présentée comme la ville la plus « européenne » de Chine. Le Bund et ses bâtiments coloniaux rappellent immédiatement cette histoire, héritée des concessions étrangères du XIXe et du début du XXe siècle. Mais l’illusion ne dure pas longtemps. Ici, l’anglais disparaît rapidement et la technologie est omniprésente. Tout passe par le téléphone : paiements, transports, cafés, musées, vélos, lessives. Les interactions humaines sont réduites à l’essentiel et le RGPD n’y survivrait probablement pas.
La ville fonctionne avec une efficacité redoutable. Ultra-moderne, calme pour sa taille, parfaitement connectée, elle combine galeries d’art contemporaines, musées de très haut niveau, parcs animés dès l’aube et une scène culinaire étonnamment accueillante pour les végétariens, à condition de savoir où chercher.
Je pensais initialement faire une excursion à Hangzhou, Suzhou ou Zhujiajiao, mais avec seulement trois jours complets, rester dans le centre de Shanghai s’est révélé être un excellent choix.
Jour 1 – Premiers repères urbains, Pudong et The Bund
Première introduction à la ville et son urbanisme
Je commence par le parc des sculptures, agréable à traverser le matin quand les habitants pratiquent le tai-chi. Le musée d’histoire naturelle de Shanghai se trouve dans le parc, mais je le laisse de côté par manque de temps.
Je rejoins ensuite People’s Square, immense espace public et véritable centre névralgique de la ville. La place est entourée de musées et de bâtiments administratifs. Le week-end, une partie du parc accueille un marché aux mariages, où des parents affichent sur des feuilles plastifiées l’âge, la taille, le diplôme et parfois le revenu de leurs enfants célibataires. Une approche très rationnelle du romantisme.
Juste à côté, le Shanghai Urban Planning Exhibition Center est une excellente introduction à la ville. Gratuit, il retrace l’évolution fulgurante de Shanghai et expose une maquette géante. Avec des yeux d’architecte ou d’urbaniste, c’est passionnant. Comptez au minimum une heure, beaucoup plus si le sujet vous captive. Les autres musées de la place étant fermés ce jour-là, le choix était vite fait.
Quartiers typiques et héritage colonial
Je poursuis vers les anciens quartiers :
- La French Concession conserve un tissu urbain plus bas, verdoyant et piéton, héritage direct de l’urbanisme occidental.
- Xintiandi en est la version rénovée luxueuse et très commerciale.
- Tianzifang est un dédale plus populaire d’ateliers, de cafés et de petites boutiques.





Le parc Fuxing, avec ses couleurs automnales et son jardin de roses, offre une pause bienvenue. Je continue vers le Yuyuan Garden Mall. Les jardins eux-mêmes étaient fermés ce lundi, mais le quartier reste intéressant.
Emblèmes de Shanghai au coucher du soleil : Pudong & the Bund
Je traverse ensuite Gucheng Park avant de rejoindre le quartier des affaires de Pudong en traversant la rivière Huangpu en bateau. Ce ferry fait partie du réseau de transport public et ne coûte presque rien.
Je longe la rivière pour le coucher du soleil avant de pénétrer dans le quartier pour observer de près les tours emblématiques, la Shanghai Tower, la Oriental Pearl Tower, le Shanghai World Financial Center et la Jin Mao Tower, au moment où la lumière décline et où elles commencent à s’illuminer. Plusieurs proposent des observatoires, intéressants uniquement par temps parfaitement clair. Je préfère rester au sol.
Je reprends le bateau vers Puxi, à l’ouest de la rivière, pour rejoindre le Bund au moment idéal. Les bâtiments coloniaux s’illuminent également, mais le spectacle le plus impressionnant reste la vue vers Pudong et ses gratte-ciels. Derrière le Bund, Yuanmingyuan Road prolonge l’expérience avec d’autres bâtiments historiques, dont le Rockbund Art Museum, malheureusement déjà fermé à mon arrivée. Je termine par East Nanjing Road, temple iconique de la consommation, en total décalage avec l’image communiste que j’avais du pays.






Jour 2 – Art contemporain, temples et vie locale
J’entame la journée par le Shanghai Public Security Museum. Gratuit et un peu vieillot en apparence, il plonge sans détour dans l’histoire et le fonctionnement de la police chinoise et du système communiste. Peu d’explications sont en anglais, une application de traduction est indispensable pour comprendre certains panneaux.
Je me rends ensuite à M50, ancien complexe industriel reconverti en labyrinthe de galeries d’art contemporain. L’entrée est gratuite et l’ambiance très libre. Ma préférence va à island6 et ses installations numériques interactives.
Le Jade Buddha Temple est un beau temple bouddhiste, même si je n’ai pas réussi à voir le fameux Bouddha de jade, probablement en rénovation. L’entrée était gratuite ce jour-là, bien que le site semble être normalement payant.
Retour dans la French Concession pour flâner avec une amie chinoise, qui me fait découvrir la vie nocturne shanghaienne, discrète mais bien réelle, souvent cachée derrière des façades anodines.




Jour 3 – Musées et architecture
Cette journée est plus contemplative et architecturale. Le temple de Jing’an, coincé entre les immeubles modernes, est cher pour sa taille mais particulièrement photogénique avec ses ginkgos jaunes en hiver.
Le Museum of Arts and Crafts, plus modeste, ne m’a pas particulièrement marqué. Je traverse ensuite Yanzhong Parkavant de rejoindre le Shanghai Museum. Plusieurs collections étant fermées, la visite est rapide et un peu décevante.
La raison devient évidente plus tard. De nombreuses collections ont été déplacées vers le tout nouveau Shanghai Museum East, à Pudong. Ouvert fin 2024, gratuit, spectaculaire tant par son architecture que par la richesse de ses collections, c’est de loin le musée incontournable de la ville. Prévoyez plusieurs heures et ne manquez pas la promenade sur le toit.
Je termine la journée par un marché de Noël proche du Bund, décalage culturel inattendu mais plutôt agréable.








Jour 4 – Dernières heures et train vers Qingdao
Dernière balade en ville avant de prendre le train vers Qingdao. Arrivée en avance dans l’immense gare de Shanghai Hongqiao et installation près de la plage, ce qui permet une première sortie en soirée jusqu’au pavillon Huilan, célèbre pour figurer sur l’étiquette de la bière Tsingtao.

JOUR 5 – Qingdao
J’avais du mal à me faire une image de Qingdao dont je n’avais jamais entendu parler. Ville portuaire de plus de sept millions d’habitants, elle semble pourtant être mondialement connue pour sa bière. Colonisée par l’Allemagne à la fin du XIXe siècle, elle a conservé une architecture européenne unique en Chine, combinée à un cadre maritime très agréable.
Je commence par une longue balade côtière depuis le pavillon Huilan jusqu’à Little Qingdao, gratuit hors saison comme la plupart des parcs de la ville, avec de belles vues sur la baie. Je poursuis vers la plage numéro 1 en traversant le parc côtier Lu Xun. Sur la plage, les habitants creusent le sable à la recherche de fruits de mer.
Je monte ensuite à Little Fish Hill pour une vue à 360 degrés sur la ville et les plages. Le Qingdao City Art Museum, visité ensuite, ne m’a pas particulièrement convaincu.
En métro, je rejoins le grand temple de Zhanshan et ses nombreux pavillons et pagodes. J’arrive trop tard pour manger au restaurant végétarien, la cuisine fermant tôt. Je traverse ensuite le parc Zhongshan pour rejoindre le musée de la bière Tsingtao. Un peu kitsch, mais sympathique, avec dégustation incluse.
Je termine la journée par Signal Hill Park pour admirer le coucher de soleil sur la baie, puis une balade dans la vieille ville devant l’église protestante et la cathédrale Saint-Michel, toutes deux plus intéressantes de l’extérieur. Je termine enfin sur la côte, cette fois au milieu des foules du week-end.










Train en début de soirée vers Tai’an. Je dors près de la gare, choix pratique pour éviter de transporter mon sac inutilement le lendemain.
JOUR 6 – Tai’an et Mont Taishan
Le mont Taishan est l’une des montagnes les plus sacrées de Chine, lieu de pèlerinage impérial depuis plus de deux mille ans. Contrairement à de nombreux visiteurs qui montent de nuit pour le lever du soleil, je choisis une bonne nuit de sommeil.
Je prends un taxi commandé via AliPay (mon premier et mon seul du voyage, bon marché et facile) pour rejoindre l’entrée sud et commence par la visite du temple Dai, magnifique ensemble classé. J’attaque ensuite l’ascension en suivant la route centrale depuis ce temple, en passant par la porte rouge (Hongmen). Environ 7 000 marches plus tard, ponctuées de temples, de pèlerins et de vendeurs, j’atteins le sommet.
Je tente une descente par la route est, plus sauvage, avant de découvrir qu’elle est fermée. Traduire les panneaux peut parfois éviter de mauvaises surprises. Ne m’étant pas renseigné sur les autres itinéraires, je ne prends pas de risques et redescends donc par l’itinéraire principal, trouve un bus sur Amap, récupère mon sac à la gare et poursuis le voyage.







J’arrive en soirée à Tianjin sous un festival de gratte-ciels illuminés. En hiver, les projections semblent visibles entre 18h et 22h, notamment depuis la place au sud de la gare.
JOUR 7 – Tianjin
Je commence la journée par la Century Clock, puis descends Jiefang Road, bordée de bâtiments hérités des anciennes concessions étrangères. J’arrive ensuite à Minyuan Square, piste d’athlétisme entourée de villas de style européen construites au début du XXe siècle. Le lieu symbolise bien l’histoire particulière de Tianjin, longtemps morcelée en concessions étrangères.
Faute de temps, je renonce au musée de Tianjin et me dirige à vélo vers Ancient Culture Street. Le quartier imite une architecture traditionnelle et regroupe boutiques, snacks et temples, dont le temple Tianhou, dédié à la déesse de la mer. Le musée d’art populaire, gratuit, est en revanche peu intéressant et sans explications en anglais.
Je fais ensuite un détour par la tour du Tambour, entourée d’un quartier au style similaire, avant de terminer par la bibliothèque Tianjin Zhongshuge, remarquable pour son architecture intérieure très théâtrale. Une balade le long de la rivière, face aux bâtiments modernes, me ramène à la gare. Direction Pékin.




JOUR 8 à 10 – Pékin et Grande Muraille
Pékin est la ville qui m’a le plus surpris du voyage. Je m’attendais à une mégapole grise, écrasante et polluée, héritage d’un urbanisme brutal et d’un communisme ayant effacé une grande partie de son passé. Cette réalité existe en partie, mais elle est loin de résumer la ville.
Capitale politique et symbolique, Pékin révèle au contraire une structure urbaine rigoureuse et lisible, organisée depuis plus de sept siècles autour d’un axe impérial nord–sud, hérité de la pensée confucéenne et du feng shui. Loin d’avoir totalement disparu, les hutongs, ces ruelles traditionnelles bordées de maisons à cour, subsistent encore dans plusieurs quartiers centraux. Beaucoup ont été détruits ou transformés au fil des décennies, mais ceux qui restent donnent à la ville une échelle étonnamment humaine, où la vie de quartier contraste fortement avec les grands axes et les ensembles monumentaux. Palais, temples, parcs et aujourd’hui même certains projets contemporains s’inscrivent dans cette ligne invisible qui structure la ville.
En hiver, avec une fréquentation plus faible et un ciel souvent dégagé, cette organisation devient particulièrement perceptible. Ces trois jours combinent un site emblématique hors de la ville, la découverte du cœur impérial, puis des lieux plus spirituels et paysagers, avant le départ.
Jour 8 – Grande Muraille de Mutianyu
Avant même d’explorer Pékin, je pars vers la Grande Muraille à Mutianyu, l’un des tronçons les mieux restaurés et les plus accessibles depuis la capitale. J’opte pour un tour organisé réservé sur Trip.com : le coût est raisonnable et surtout le gain de temps considérable par rapport aux transports publics.
Sur place, malgré l’insistance de la guide pour vendre télésiège et toboggan, le site se parcourt très bien à pied (en gardant en tête qu’il faut grimper beaucoup de marches). En hiver, malgré les arbres dénudés, la fréquentation reste modérée et permet de profiter pleinement des paysages montagneux et de la monumentalité de l’ouvrage initiée dès le IIIe siècle av. J.-C. et remanié sur plus de deux millénaires.
Je redescends tranquillement et rentre à Pékin en fin d’après-midi. Le bus nous dépose au village olympique, aligné sur l’axe impérial, juste à la tombée du jour. C’est le moment idéal pour voir le Nid d’Oiseau (stade olympique) et le Water Cube s’illuminer, offrant un contraste saisissant entre monumentalité contemporaine et héritage urbain millénaire.





Jour 9 – Axe impérial, Tian’anmen et Cité interdite
Cette journée est consacrée à la découverte du cœur historique et symbolique de Pékin. Elle suit l’axe impérial nord–sud, véritable colonne vertébrale de la ville.
Accès à Tian’anmen
Avant même d’accéder à la place Tian’anmen, si l’on a un peu de temps ou que l’on se lève tôt, le Centre national des arts du spectacle, conçu par Paul Andreu, mérite le détour. Ce bâtiment elliptique posé sur un plan d’eau constitue un contraste fort avec l’urbanisme monumental environnant. Il ravira les amateurs d’architecture contemporaine.
L’accès à la place Tian’anmen nécessite impérativement une réservation préalable. Celle-ci doit être effectuée au plus tard la veille via la mini‑app WeChat « Tiananmen »(天安门广场预约. La procédure est relativement simple, mais demande un peu d’anticipation. Il faut renseigner sa nationalité, qui ne peut pas être trouvée via l’outil de traduction intégré à WeChat. Il est donc nécessaire de traduire le terme dans une application tierce, puis de copier-coller le mot en mandarin dans le champ correspondant.
Les contrôles de sécurité étant nombreux et parfois lents, je vous conseille de prévoir une large marge de temps, en particulier si l’on souhaite assister au lever du drapeau. J’y accède pour ma part in extremis, juste à temps, après plusieurs files et contrôles successifs.
Une fois sur la place, l’impression est saisissante. L’esplanade est immense, presque écrasante par ses dimensions, et absorbe sans difficulté la foule. Elle est bordée par plusieurs bâtiments majeurs du pouvoir et de la mémoire chinoise : le Mausolée de Mao, le Musée national de Chine et la porte Tian’anmen, surmontée du célèbre portrait de Mao. L’ensemble marque une rupture nette entre la ville impériale et la Chine contemporaine.
Mausolée de Mao
L’accès au Mausolée de Mao nécessite lui aussi une réservation via WeChat. Des codes QR disposés autour du bâtiment permettent d’y accéder facilement (il existe très probablement également une mini‑app dédiée). À l’intérieur, les sacs sont interdits : ils peuvent être déposés gratuitement dans des casiers situés à l’est de la place, de l’autre côté du passage piéton.




Cité interdite
Après Tian’anmen, il est assez simple de rejoindre la Cité interdite en traversant le parc Zhongshan, agréable et peu fréquenté. L’entrée est peu coûteuse et permet d’accéder directement à l’entrée sud de la Cité interdite, où les billets peuvent être achetés.
La Cité interdite, cœur symbolique de la Chine impériale, impressionne autant par sa taille que par son raffinement. Avec ses centaines de pavillons finement décorés, ses vastes cours et ses axes parfaitement ordonnés, elle matérialise encore aujourd’hui la puissance des dynasties Ming et Qing. Malgré une fréquentation annuelle estimée à près de seize millions de visiteurs, certains espaces dégagent encore une forme de solennité silencieuse, presque hors du temps.
Contrairement à ce que l’on lit souvent, il ne semble pas obligatoire pour les visiteurs étrangers de réserver à l’avance. J’ai pu acheter mon billet directement sur place à l’entrée sud. Il faut prévoir au minimum une demi‑journée pour la visite. Le site est immense, je vous conseille donc de suivre un itinéraire ou une carte détaillée afin d’aller à l’essentiel. Le musée des Horloges et le musée des Trésors sont accessibles moyennant un supplément ; intéressants, mais clairement optionnels si le temps manque.
Un audioguide est disponible et aide à comprendre la fonction de chaque bâtiment, même si son fonctionnement par déclenchement automatique en fonction de la position s’avère parfois peu pratique. En effet, l’audio se coupe dès que l’on se déplace, ce qui casse un peu le rythme de la visite.
Vues surplombant la Cité interdite et tours du Tambour et de la Cloche
En sortant par la porte nord, on rejoint presque immédiatement le parc Jingshan 🌳. Cette colline artificielle marque le point géographique central de Pékin. Elle offre l’une des plus belles vues sur l’ordonnancement de la Cité interdite, parfaitement lisible depuis le sommet. La prise de hauteur complète idéalement la visite en donnant une lecture globale de l’axe impérial.
Je poursuis ensuite vers les tours du Tambour et de la Cloche, anciennes régulatrices du temps urbain, autrefois chargées de rythmer la vie quotidienne de la capitale. Pour relier efficacement Jingshan à ce secteur plus au nord, le vélo est clairement la solution la plus simple.







Quartier des affaires et architecture futuriste
Les musées fermant relativement tôt, je profite de la fin de journée pour m’éloigner de l’axe historique et rejoindre le quartier des affaires. Le contraste est saisissant 🏙️. Depuis la station de métro Jintai Xizhao, on accède directement au pied du spectaculaire CCTV Headquarters conçu par OMA. Sa forme en boucle défie toute lecture classique du gratte‑ciel. Je poursuis jusqu’à la tour CITIC, point culminant du skyline pékinois. La terrasse panoramique du China World Mall, accessible gratuitement, offre une belle vue sur le CCTV Headquarters.



Jour 10 – Temples, Palais d’Été et départ
Le lendemain, je commence la journée par le temple des Lamas (Yonghegong), haut lieu du bouddhisme tibétain en Chine. Ancien palais princier transformé en monastère au XVIIIe siècle, le site reste aujourd’hui très vivant : fidèles en prière, épais nuages d’encens, moines en robe safran. Certaines expositions et panneaux insistent cependant sur l’harmonie entre religions et nation chinoise, un discours qui laisse planer un doute constant entre spiritualité sincère et propagande officielle.
Je poursuis ensuite vers le Palais d’Été, vaste ensemble de jardins impériaux classé à l’UNESCO. Conçu comme résidence de villégiature pour permettre à la cour impériale d’échapper à la chaleur de la Cité interdite, le site combine paysages naturels, architecture et symbolique du pouvoir. En hiver, le lac Kunming gelé offre un décor presque irréel, digne d’un tableau de Bruegel. Le mélange de nature, de pavillons, de collines et de lumière rasante me charme totalement.
Une demi‑journée permet d’en voir les essentiels, mais si l’on souhaite vraiment prendre le temps, faire le tour du lac et profiter des différentes ambiances, il vaut largement la peine d’y consacrer une journée entière. Le coucher du soleil, en particulier depuis le côté est du lac, est magnifique et clôt la visite sur une note très douce.









Après un dernier repas chez Vege Tiger, sans doute mon restaurant préféré du voyage, je me dirige vers l’aéroport de Daxing. Inauguré en 2019 et dessiné par Zaha Hadid, il s’inscrit lui aussi dans l’axe central de Pékin. Une dernière fois, la ville me rappelle combien cette ligne invisible structure son territoire. Deux jours sont bien trop courts pour appréhender une métropole aussi dense et complexe, mais ils suffisent à laisser une impression forte et, surtout, une furieuse envie d’y revenir !


Conseils généraux
5 applications indispensables
Voici les 5 applications que je recommande de télécharger en prévision d’un voyage en Chine :
- Alipay : mon moyen de paiement préféré qui permet de payer pratiquement partout (même faire des dons aux mendiants), d’utiliser les transports en commun, de louer des vélos, de commander un café, … Plus de détails dans la section paiements.
- Amap : l’équivalent de Google Maps qui comprend les horaires de la majorité des transports en commun. Apple Maps fonctionne également bien sur place mais pas à l’extérieur de la Chine.
- Railway12306 : l’application officielle de réservation des trains. Détails dans le paragraphe ci-dessous.
- Trip.com : l’application de référence pour les étrangers pour réserver les hôtels mais aussi certains tours. Il existe d’autres applications qui ne sont malheureusement qu’en chinois.
- WeChat : complémentaire à Alipay, WeChat permet de payer, commander des cafés, etc. mais également de communiquer et de réserver certaines attractions touristiques (l’entrée à Tian’anmen par exemple).
N’oubliez pas non plus une application de traduction.
Internet et VPN
Si vous souhaitez continuer à utiliser vos services habituels en Chine, il faut anticiper avant le départ.
De nombreux services occidentaux sont bloqués : Google (Maps, Gmail, Drive, Translate), Meta (WhatsApp, Instagram, Facebook), YouTube, X, etc.
Dans mon cas, deux solutions ont fonctionné :
VPN
Il est important d’installer un VPN avant d’arriver en Chine, car une fois sur place, le téléchargement ou l’activation peuvent être compliqués. J’ai utilisé Pandafan (compte à créer via leur site) en combinaison avec l’application Shadowrocket sur iPhone (payante sur l’App Store). Le fonctionnement est globalement correct, mais parfois instable selon les moments de la journée.
eSIM étrangère
J’utilisais également une eSIM internationale basée à Singapour (TSimTech). Dans ce cas, aucun VPN n’était nécessaire : tous les services Google et Meta fonctionnaient normalement, car la connexion sortait de Chine. C’est clairement la solution la plus simple et la plus stable, surtout pour un séjour court.
Logements et localisation
Choisissez votre logement en fonction du plan de métro. Les villes sont immenses et les correspondances font la différence. People’s Square et West Nanjing Road fonctionnent très bien à Shanghai. Xidan est un excellent choix à Pékin.
Nourriture végétarienne
Les temples bouddhistes proposent fréquemment des restaurants végétariens et les grandes villes offrent de nombreuses options sans viande, notamment dans les restaurants de nouilles.
L’application Happy Cow fonctionne relativement bien pour les endroits touristiques.
Orientation et déplacements urbains
Amap remplace Google Maps et intègre parfaitement les transports publics. Les métros sont efficaces et ponctuels. Les vélos en libre-service sont souvent plus rapides que le métro sur des distances courtes.
Paiements et argent
AliPay et WeChat sont indispensables. Paiements, transports, musées, vélos, taxis, nourriture. Liez vos cartes de crédit avant le départ.Le cash semble inutile même dans les environnement plus ruraux. Aucune commission n’est prise jusqu’à 200 CNY. Au-delà, préférez les paiements par carte de crédit si possible.
Trains et gares
Les trains longue distance doivent idéalement être réservés à l’avance (les réservations ouvrent 14 jours avant le départ).
- Railway12306 : plateforme officielle. L’inscription peut prendre un peu de temps, mais elle est possible sans numéro chinois.
- Trip.com : plus simple d’utilisation, mais avec une commission. Il est possible d’y « réserver » des trains plus tôt, mais les sièges ne sont confirmés qu’une fois les ventes officielles ouvertes.
Il n’y a pas de billet papier : votre passeport fait office de titre de transport.
Les gares sont immenses et fonctionnent comme de véritables aéroports (contrôles de sécurité, files, quais éloignés). Il est conseillé d’arriver 30 à 45 minutes en avance.
Que visiter après ce voyage ?
Si vous avez le temps après ce voyage en Chine, l’hiver se prête bien découvrir Hong Kong ou Taiwan pour lesquels je partage mes expériences ici :


Laisser un commentaire