Une semaine de road trip en Arabie Saoudite à travers des sites emblématiques mêlant héritage antique, paysages désertiques et villes en pleine mutation. Cet itinéraire relie Al Ula, la mer Rouge, Wadi Disah et Riyad, en combinant civilisations anciennes, nature spectaculaire et modernité.
J’ai choisi d’arriver pendant le festival Soundstorm à Riyad. J’y ai trouvé une atmosphère ouverte et très différente de l’image habituellement associée au pays. Cette expérience m’a offert un premier aperçu de sa transformation culturelle. Si vous voyagez en décembre et aimez les festivals, c’est une période intéressante pour découvrir cet aspect du pays. Ces journées ne sont pas incluses dans l’itinéraire détaillé ; toutefois, j’y reviens plus loin dans la section conseils pratiques.











Aperçu
JOUR 1 à 2 – Al Ula
JOUR 3 & 4 – Mer Rouge
JOUR 5 & 6 – Wadi Disah
JOUR 7 – Riyadh
- Al Ula – Organisation préalable de la visite des sites et logements
- Durée
- Évolution des mœurs
- Festivals
- Saison recommandée
- Transports, distance et conduite
Itinéraire jour par jour
JOUR 1 à 2 – Al Ula
Nous commençons ce road trip d’une semaine en Arabie Saoudite à Al Ula, où nous nous rendons directement à Hegra, le site carte postale de la région. Cette ancienne cité nabatéenne, souvent comparée à Pétra, impressionne autant par la finesse de ses tombeaux taillés dans la roche que par son calme. Devant la tombe la plus célèbre, nous n’étions que sept. Une situation étonnamment paisible pour un site classé à l’UNESCO.

Nous rejoignons ensuite le Harrat View Point (gratuit), situé sur un plateau volcanique à plus de 2 400 mètres d’altitude. De là, les montagnes s’étendent à perte de vue.
Plus tard dans la soirée, nous explorons la vieille ville d’Al Ula, aujourd’hui entièrement reconstruite et pensée pour le tourisme. Néanmoins, l’ensemble reste agréable et bien intégré au paysage. Si vous avez plus de temps, le Oasis Heritage Trail au départ de la vieille ville semblait également intéressant.



Le lendemain matin commence par l’ascension de la White Mountain, dont la trace GPX(1) est disponible ici (5 km, 370 m de D+). Elle offre de superbes vues sur la vallée et est gratuite, contrairement à la plupart des randonnées de la région qui nécessitent un guide.
Dans l’après-midi, nous participons à une visite guidée de Dadan et de Jabal Ikmah, deux sites archéologiques majeurs. Le premier, Dadan, était la capitale d’un ancien royaume préislamique, célèbre pour ses tombeaux monumentaux creusés dans la roche, dont certains sont décorés de lions sculptés. Le second, Jabal Ikmah, est connu pour ses inscriptions rupestres, véritable archive à ciel ouvert des civilisations anciennes.
La journée se termine au coucher du soleil à Elephant Rock (gratuit), une formation rocheuse emblématique qui mérite pleinement sa réputation.









JOUR 3 & 4 – Mer Rouge
Après environ quatre heures de route, nous atteignons enfin la côte. Globalement, la route est de bonne qualité, malgré un long tronçon de piste entre Al Ula et la mer Rouge.
À l’arrivée au Red Sea Edition (dont le prix peut effrayer plus d’un voyageur), tout est chaotique : enregistrement interminable, formalités manquantes et deux points de contrôle avant de comprendre comment rejoindre l’hôtel situé sur son île privée. Ce n’est donc pas la meilleure première impression.
Néanmoins, une fois installés, les choses s’améliorent nettement. Cet hôtel de luxe récemment ouvert est presque vide. Nous profitons pleinement de la mer calme, de la piscine, de la salle de sport et d’un excellent petit-déjeuner. Enfin, cela ressemble à une pause bienvenue avant de repartir vers l’intérieur des terres.



JOUR 5 & 6 – Wadi Disah
Après quatre nouvelles heures de route, le décor change progressivement. Peu à peu, les montagnes se rapprochent et le paysage devient plus spectaculaire. En approchant de Wadi Disah, le désert ouvert laisse place à un canyon verdoyant, inattendu dans un environnement aussi aride. Il est possible de visiter le wadi de manière autonome. Cependant, plusieurs traversées de rivières avec une visibilité limitée peuvent intimider les conducteurs peu expérimentés. À l’entrée, plusieurs jeeps attendent pour emmener les visiteurs dans le canyon.




Après une heure de visite à l’arrière d’un vieux 4×4, nous rejoignons notre camp : Gravity Compass, agréable mais hors de prix. Personnellement, du bivouac sauvage aurait largement suffi dans un tel décor.
Le lendemain, nous explorons une partie de Wadi Ghmrt. Nous laissons la voiture ici : 27°38′41.56″N 36°26′19.82″E et marchons vers l’est. Il est possible d’aller plus loin en 4×4, mais marcher permet de profiter pleinement du calme. Sur plusieurs kilomètres, nous ne croisons qu’un seul autre véhicule.




Nous prenons ensuite la direction de Tabuk et, faute de temps, reprenons l’avion pour Riyad.
JOUR 7 – Riyadh
De retour à Riyad, j’ai plusieurs soirées pour explorer la ville. Globalement, les principaux sites peuvent être visités en un ou deux jours.
Diriyah / At-Turaif
Diriyah / At-Turaif (50 SAR) est incontournable. Berceau de la dynastie saoudienne et classé à l’UNESCO, cet ensemble en briques de terre a été largement restauré et transformé en vaste espace culturel avec expositions, chemins piétons et éclairages nocturnes. Une excellente introduction à l’histoire du pays.



KAFD et quartier moderne de Riyad
KAFD, le quartier financier ultramoderne de Riyad, impressionne par la cohérence de son architecture. Ici, la station de métro, dessinée par Zaha Hadid, marque l’entrée dans un district où tout semble flambant neuf. Pendant ce temps, sous les tours, le wadi (canyon) piéton renforce encore la sensation d’échelle.







Corridor vert de Wadi Hanifa
Wadi Hanifa offre une bouffée d’air frais bienvenue et est très apprécié des habitants. Nous l’explorons à vélo (locations ici) avec un groupe local, en suivant ce corridor vert en lisière de la ville. Ma trace GPX(1) est disponible ici (19 km, plat).
Qasr Al Hokm et Riyad historique
Le quartier de Qasr Al Hokm mérite également une visite. Sa station de métro est sans doute la plus originale du réseau, avec une structure miroir en forme de soucoupe volante au-dessus d’une cour centrale. À proximité se trouve le fort Al Masmak, largement restauré mais impressionnant, avec une exposition gratuite sur l’histoire de Riyad. Juste à côté, le souk Al Zal aligne des vendeurs de bois de mabkhara, de thobes, de shemaghs et d’agals fabriqués localement. Mon endroit préféré reste la place centrale où se tiennent des enchères d’antiquités, un spectacle fascinant.






Musée national et patrimoine saoudien
Enfin, le Musée national constitue une excellente introduction au pays. Les expositions temporaires sont particulièrement réussies, et la grande exposition permanente gratuite retrace l’histoire archéologique de la région, offrant une bonne vue d’ensemble des sites majeurs si vous commencez votre voyage ici.
Cela conclut mon road trip d’une semaine en Arabie Saoudite, même si j’aurais aimé avoir plus de temps pour explorer le reste du pays, notamment les montagnes autour d’Abha.
Conseils pratiques
Al Ula – Organisation préalable de la visite des sites et logements
Pour organiser les visites des différents points d’intérêt à Al Ula, il faut passer par le site officiel https://www.experiencealula.com/en, où toutes les expériences sont proposées. À mon avis, les incontournables sont Hegra, Dadan et Jabal Ikmah, que l’on peut visiter en une seule journée grâce à deux excursions (une le matin et une l’après-midi, pour 2 × 95 SAR). C’est la manière la plus économique de découvrir les principaux sites archéologiques. Même si le site était particulièrement calme lors de ma visite, je recommande de réserver les billets à l’avance. Elephant Rock et Harrat View Point sont, quant à eux, gratuits.
Nous n’avons pas eu le temps de tester certains lieux populaires, comme l’hôtel Our Habitas, dont la piscine de rêve et l’accès permettent d’admirer Maraya, le bâtiment miroir, depuis l’extérieur. Le day pass était affiché à 550 SAR. Le prix est élevé, mais reste raisonnable comparé au coût d’une nuit sur place.
Peu d’hôtels se trouvent à proximité immédiate des principales attractions. En général, il faut compter environ une demi-heure de route pour les rejoindre. Nous avons séjourné au Cloud7 Residence Al Ula, qui s’est révélé scandaleusement cher pour une expérience très décevante. Compte tenu du boom récent de la région, je vous conseille donc de bien planifier votre hébergement à l’avance.
Durée
Les lieux visités durant ce road trip d’une semaine en Arabie Saoudite tiennent sur environ une semaine, mais le pays est immense et a énormément à offrir : vous pourriez facilement y passer un mois sans vous ennuyer.
Évolution des mœurs
Le pays connaît des transformations économiques et culturelles rapides. Les codes vestimentaires se sont assouplis, surtout dans les grandes villes, et la société évolue plus vite que beaucoup ne l’imaginent. Cela se voit particulièrement à travers l’organisation de grands événements et festivals, comme décrit dans la section suivante.
Festivals
Voyager en Arabie Saoudite pendant de grands événements comme Soundstorm, organisé par MDLBEAST à Riyad en décembre, offre une perspective totalement différente sur le pays. Réparti sur onze scènes, le festival accueille des artistes internationaux de pop, d’électro et de rap. Mais au-delà de la programmation, c’est l’ambiance qui marque : un public jeune et très ouvert, notamment des femmes souvent sans voile et habillées à l’occidentale. Cela contraste fortement avec les stéréotypes courants et donne un aperçu saisissant de l’ouverture culturelle du pays, même si cela ne reflète pas la vie quotidienne partout.



Ces événements s’inscrivent dans le cadre de Saudi Vision 2030, un vaste programme de réformes visant à diversifier l’économie, réduire la dépendance au pétrole et développer le tourisme, la culture et les loisirs. Dans ce contexte, des festivals internationaux comme Soundstorm servent de vitrines à la nouvelle image du pays. Les billets restent volontairement abordables (environ 200 SAR, soit 50 euros pour trois jours).
L’alcool n’est pas (encore) autorisé, mais cela n’empêche pas les gens de profiter des concerts et de l’ambiance générale.
Des zones dédiées existent également pour les femmes qui préfèrent assister aux concerts dans un espace plus sécurisé, et des campagnes anti-harcèlement sont visibles sur l’ensemble du site.
Saison recommandée
- Hiver (novembre à février) La période la plus confortable pour voyager, idéale pour les visites, la randonnée et les road trips, avec des soirées plus fraîches dans le nord et une fréquentation plus élevée sur les grands sites.
- Printemps (mars à avril) Un bon équilibre entre villes et nature, avec des températures encore supportables et parfois des wadis plus verts, même si la chaleur commence à monter en journée.
- Été (mai à septembre) Saison très calme et parfois moins chère, mais la chaleur extrême limite fortement les activités extérieures et les road trips.
- Automne (octobre) Période de transition avec des températures qui s’adoucissent progressivement, encore chaudes en début de mois, surtout à l’intérieur des terres.
Transports, distance et conduite
Avec un peu de temps et une certaine assurance face à une conduite urbaine parfois chaotique, l’Arabie Saoudite se prête très bien à un road trip. Louer une voiture offre une grande liberté pour rejoindre sites naturels, villes et régions plus isolées, d’autant que les transports publics restent limités en dehors de quelques exceptions comme le métro de Riyad.
Pour parcourir efficacement les longues distances, j’ai combiné la route avec quelques vols intérieurs. Ce mélange permet d’explorer le pays sans passer des journées entières au volant. Au total, le voyage comprend environ 900 km de conduite (environ dix heures) entre Al Ula, la mer Rouge, Wadi Disah et Tabuk.
En dehors des villes, la circulation est généralement fluide et agréable, malgré de nombreux radars. En zone urbaine, en revanche, le trafic devient dense, surtout aux heures de pointe, et la conduite peut sembler plus agressive.
Un 4×4 n’est pas nécessaire. À l’exception de Wadi Disah, où un guide peut vous emmener en jeep, les routes sont en très bon état. Même la piste entre Al Ula et la mer Rouge est praticable avec une voiture classique, à condition de conduire prudemment.
(1)Les traces GPX mentionnées dans cet article sont fournies à titre indicatif uniquement. Elles ne doivent pas être suivies comme des itinéraires officiels ou sûrs. Les conditions en montagne évoluent constamment et peuvent rendre une trace inadaptée ou dangereuse.


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