Rifugio Marmolada Castiglioni - Rifugio Pisciadu
Home » Randonnées & Treks » Alta Via 2 : 10 jours de randonnée dans les Dolomites (+GPX)

L’Alta Via 2 traverse les Dolomites en passant par des via ferrata aériennes, des refuges accueillants et des sommets aux vues imprenables. Il consiste en une traversée exigeante de 155,4 km et 11 400 m de D+. Nous l’avons parcouru à contresens, du sud au nord, en 10 jours avec mon père en septembre 2025. Je vous partage mon journal jour par jour, avec les distances, les dénivelés, les fichiers GPX et tous mes conseils pratiques.

Contenu de l’article

Aperçu du trek (liens GPX ici)

Itinéraire jour par jour

JOUR 1 – Croce d’Aune à Rifugio Giorgio Dal Piaz

5,87km – 951m d’ascension et 0m de descente

Je retrouve mon père à Venise et, après une nuit proche de la gare, nous mettons le cap vers le nord. Deux trains et un bus plus tard, nous arrivons à Croce d’Aune, point de départ (ou d’arrivée) de l’Alta Via 2 des Dolomites. Nous avalons un dernier café dans l’espoir que la pluie battante cesse, mais rien n’y fait. Nous enfilons nos vestes et c’est parti. Le sentier serpente agréablement à travers la forêt. Après deux heures de marche, nous atteignons le Rifugio Giorgio Dal Piaz trempés jusqu’aux os. Le refuge est très sommaire. C’est d’ailleurs le seul de ce parcours avec des toilettes turques et sans douche. Cependant l’accueil y est chaleureux, avec un poêle crépitant qui est parfait pour sécher nos affaires. En fin de journée, les nuages se déchirent et laissent entrevoir les montagnes avoisinantes.

JOUR 2 – Rifugio Giorgio Dal Piaz à Rifugio Bruno Boz

13,64km – 684m d’ascension et 943m de descente

Dès le réveil, la pluie s’est définitivement éclipsée et la vue s’est bien dégagée. Nous nous lançons sous un ciel radieux. Les sommets émergent des nuages, donnant l’impression que le monde disparaît au pied des falaises abruptes. Le sentier est agréable, malgré quelques passages étroits où le vide se fait sentir. En début d’après-midi, nous atteignons le Rifugio Bruno Boz. Nous profitons de l’après-midi pour nous reposer et lire au soleil.

JOUR 3 – Rifugio Bruno Boz à Passo Cereda

13,55km – 914m d’ascension et 1234m de descente

Le soleil brille toujours, tandis que quelques nuages dansent autour des sommets. Le sentier longe des pentes raides. Peu à peu, les passages deviennent plus techniques. En conséquence, nous devons poser les mains pour escalader ou désescalader certains rochers. Nous passons à côté du Bivacco Feltre-Bodo, un refuge non gardé, et franchissons le Passo del Comedon sans difficulté. Nous entamons ensuite la descente vers Passo Cereda. Celle-ci est raide, instable, et demande toute notre concentration : les cailloux roulent sous nos pas. Après un dernier passage en forêt, nous atteignons notre refuge qui s’avère être un hôtel. Ainsi, chambre privée, douche chaude illimitée et un bon repas offrent un contraste bienvenu.

JOUR 4 – Passo Cereda à Rifugio Pradidali

16,35km – 2273m d’ascension et 1324m de descente

C’est la plus grosse étape. Les refuges étant complets pour le samedi soir, j’ai dû trouver une alternative. Résultat : une journée avec 2 273 m de dénivelé positif. Heureusement, la météo est de notre côté : les nuages filtrent le soleil sans gâcher le décor. Après une première montée de 1 000 m, nous redescendons vers le Rifugio Treviso pour une pause lunch, et où la plupart des randonneurs font étape.

Ensuite nous attaquons la seconde montée, 1 200 m d’ascension. Jusqu’au col, les sentiers sont bons bien que raides. En chemin nous passons par le Bivacco Carlo Minazio, un refuge non gardé où nous avions envisagé de faire étape mais vu le monde autour du refuge, on se dit que ça n’est pas plus mal d’avoir trouvé de place au refuge d’après. La descente se révèle plus technique : parois abruptes et quelques passages de via ferrata. C’est juste avant la tombée de la nuit que nous atteignons enfin le Rifugio Pradidali, fatigués mais heureux.

JOUR 5 – Rifugio Pradidali à Rifugio Volpi Al Mulaz

13,36km – 1194m d’ascension et 901m de descente

Après une nuit dans une petite chambre humide à quatre, nous repartons pour une étape intense. Il nous faut d’abord terminer la portion de l’étape laissée inachevée la veille. Ensuite, nous enchaînons avec celle du jour, classée 3+, le niveau le plus difficile de l’Alta Via 2 des Dolomites. Après un premier col, nous franchissons quelques passages de via ferrata. Puis nous retrouvons un bon sentier d’où nous apercevons des chamois. Le chemin zigzague jusqu’au Rifugio Rosetta, perché sur un col offrant une vue splendide. Halte sandwich et café.

La descente qui suit traverse une vallée ponctuée de sections équipées de câbles, puis le sentier remonte dans un cirque majestueux où les pics s’élancent tout autour de nous. Plus nous avançons, plus la pente se redresse, jusqu’à atteindre des parois abruptes qu’il faut franchir grâce à des échelles et des câbles bienvenus. L’effort est soutenu, mais les panoramas sont tout simplement spectaculaires.

Enfin, une descente dans un vaste pierrier où le GPS nous guide utilement nous conduit jusqu’au Rifugio Volpi Al Mulaz. Après cette étape, sans doute notre préférée jusqu’ici, nous avons même le luxe de boire un verre en admirant la vue, avant de profiter d’une douche chaude et d’un délicieux repas.

JOUR 6 – Rifugio Volpi Al Mulaz à Rifugio Albergo Miralago

13,54km – 462m d’ascension et 1105m de descente

Encore une magnifique journée. Après une petite portion raide pour se mettre en jambes, nous retrouvons rapidement des sentiers plus doux en descente où les kilomètres défilent sans trop d’effort. Nous quittons le parc naturel pour traverser une station de ski un peu moins intéressante avant d’atteindre le Passo San Pellegrino, point de départ fréquenté par les randonneurs à la journée. Nous arrivons ensuite au Rifugio Albergo Miralago, qui ressemble davantage à un hôtel qu’à un refuge, juste à temps pour le lunch. L’après-midi s’écoule paisiblement entre détente et récupération.

JOUR 7 – Rifugio Albergo Miralago à Rifugio Marmolada Castiglioni

26,04km – 1682m d’ascension et 1531m de descente

La journée s’annonce intense : 1 200 m de dénivelé positif et 21 km au programme. Confiant, je lance le GPS. Peu à peu, le bon chemin se transforme en un sentier étroit qui zigzague dans un vaste pierrier de plus en plus raide, jusqu’au premier col. Là, une pancarte indique la direction officielle de l’Alta Via 2 des Dolomites, qui ne correspond pas à mon GPS.

Nous luttons avec le vent pour ouvrir la carte et comprenons que nous avons pris une variante menant au glacier, impraticable sans équipement. La trace du GPS dévie du tracé officiel mais reste praticable, au prix de 500 m supplémentaires de dénivelé. Heureusement, le spectacle est à la hauteur : nous longeons la face sud de la Marmolada, point culminant des Dolomites, jusqu’au Rifugio Onorio Falier où un bon lunch nous redonne des forces. Nous reprenons vers Malga Ciapela. Après avoir vainement espéré un bus (qui ne circule qu’en hiver) et tenté un peu de stop, nous finissons par monter à pied jusqu’au Rifugio Marmolada Castiglioni par la piste de ski. À l’arrivée, quel plaisir de poser le sac !

A posteriori, nous sommes contents d’avoir emprunté la variante qui était très belle (bien qu’intense). Cependant les derniers kilomètres sur la piste de ski ne sont vraiment pas intéressants. En réalisant le trek du nord au sud, le Rifugio Marmolada Castiglioni arrange une navette le matin pour les éviter. Si comme nous vous faites le trajet du sud au nord, je recommande de contacter à l’avance le refuge pour voir s’il est possible d’arranger une navette depuis Malga Ciapela.

JOUR 8 – Rifugio Marmolada Castiglioni à Rifugio Pisciadu

16,26km – 1357m d’ascension et 811m de descente

La journée commence par une montée costaude avant de suivre un sentier à flanc de coteau, face au glacier de la Marmolada (où ce qu’il en reste). Rapidement, nous croisons de plus en plus de touristes. Nous comprenons vite pourquoi : un téléphérique permet d’accéder facilement à ce chemin. La descente se fait par une station de ski jusqu’au Passo Pordoi, puis nous remontons vers le massif du Piz Boé que nous contournons. Les vues sont très différentes de tout ce que nous avons vu jusqu’à présent : un paysage désertique assez surprenant. C’est l’étape la plus fréquentée jusqu’ici.

Au Rifugio Boé, nous comprenons que nous arrivons progressivement dans une partie plus germanophone de l’Italie. Le menu commence à être traduit dans 4 langues : italien, anglais, allemand et une langue que je ne reconnais pas. Après quelques recherches, je comprends que nous sommes en Ladinie où le Ladin est une des langues utilisées !

Dès le refuge passé la foule disparaît. Devant nous s’ouvre alors un panorama spectaculaire : un canyon vertigineux que nous longeons avant de descendre vers le Rifugio Pisciadu par un petit passage de via ferrata parfaitement équipé.

JOUR 9 – Rifugio Pisciadu à Rifugio Puez

10,13km – 625m d’ascension et 734m de descente

Après un petit déjeuner léger, nous entamons la journée par une longue via ferrata sous un ciel d’un bleu éclatant. Le sentier descend dans la vallée avant de remonter en face, au milieu d’une foule de touristes. Pourtant, une fois le premier point de vue dépassé, la tranquillité revient et nous poursuivons presque seuls sur un vaste plateau. Nous atteignons le Rifugio Puez en début d’après-midi et profitons du soleil pour bouquiner dans l’herbe. Cette parenthèse parfaite permet de recharger les batteries avant la dernière étape.

JOUR 10 – Rifugio Puez à Plose lift puis Brixen

26,65km – 1265m d’ascension et 1687m de descente

C’est aux aurores que nous entamons cette dernière étape. Peu à peu, étoiles et lune s’effacent pour laisser place aux teintes ocres du lever de soleil illuminant les reliefs découpés. Après une dernière via ferrata, nous savourons la quiétude du matin. De plus, nous avons la chance d’apercevoir une quarantaine de chamois dans la vallée. Nous passons par le beau Rifugio Genova (Schlütterhütte), où l’allemand prend définitivement le pas sur l’italien. Nous aurions souhaité couper l’étape ici mais le refuge était complet.

Plus loin, une section très fréquentée nous rappelle la popularité de ces sentiers. Ensuite, la tranquillité revient en plongeant dans la forêt. La fin du parcours traverse une station de ski moins inspirante où se situe le Rifugio Plose, en rénovation lors de notre passage. Nous poursuivons le chemin jusqu’à Valcroce où nous décidons de couper l’étape en descendant en télécabine suivi d’un bus jusqu’à Brixen, un peu cher mais les genoux nous ont remerciés ! Ainsi s’achève cette magnifique randonnée.

Brixen (Bressanone) : nous nous offrons une pause bien méritée dans un bel hôtel de cette jolie ville. Sauna relaxant, délicieux repas, nuit reposante et bon petit‑déjeuner viennent clore en douceur cette aventure, avant de reprendre le chemin du retour.

Tableau des distances et dénivelés

JourDépart → Arrivée + GPX(1)DistanceD+ / D-
1Croce d’Aune → Rif. Giorgio Dal Piaz5,87 km+951 / -0
2Rif. Giorgio Dal Piaz → Rif. Bruno Boz13,64 km+684 / -943
3Rif. Bruno Boz → Passo Cereda13,55 km+914 / -1234
4Passo Cereda → Rif. Pradidali16,35 km+2273 / -1324
5Rif. Pradidali → Rif. Volpi Al Mulaz13,36 km+1194 / -901
6Rif. Volpi Al Mulaz → Rif. Albergo Miralago13,54 km+462 / -1105
7Rif. Miralago → Rif. Marmolada (par variante)26,04 km+1682 / -1531
8Rif. Marmolada Castiglioni → Rif. Pisciadu16,26 km+1357 / -811
9Rif. Pisciadu → Rif. Puez10,13 km+625 / -734
10Rif. Puez → Plose lift / Brixen26,65 km+1265 / -1687
TotalGPX complet155,40 km+11 407 / -10 270

(1)Les traces GPX mentionnées dans cet article sont fournies uniquement à titre de référence. Elles ne doivent en aucun cas être suivies comme un guide officiel ou un itinéraire sécurisé. Les conditions en montagne évoluent constamment et peuvent rendre un tracé inadapté ou dangereux.

Conseils pratiques

Accès au départ et à l’arrivée

Aller : depuis Venise, nous avons pris le train jusqu’à Feltre suivi d’un bus pour Croce d’Aune. Les horaires de Google Maps semblaient corrects.

Retour : Brixen est assez bien connecté en train. Nous avons repris un train réservé bien à l’avance pour aller vers l’Autriche, avant de rejoindre l’Allemagne et enfin la Belgique.

Budget

Comptez entre 60 et 90 euros par jour et par personne en demi‑pension dans les refuges. Les hôtels comme à Passo Cereda ou Brixen sont plus chers (220 euros la nuit pour deux personnes). Prévoyez un supplément pour les téléphériques et les bus de liaison. Les lunchs peuvent en général être commandés sur place mais étaient souvent décevants. Nous avons fini par essayer de manger dans les refuges à mi-chemin (environ 15 euros par personne).

Durée

L’itinéraire classique, décrit dans le topo-guide de référence « Trekking in the Dolomites » de Gillian Price, est prévu en 13 étapes. Cependant, nous l’avons parcouru en 10 jours conditionnés par les disponibilités des refuges en doublant certaines étapes et en sautant une partie de notre dernière étape entre le Refuge Città di Bressanone et Bressanone où nous avons pris un télécabine pour descendre. Les étapes doublées étaient particulièrement intenses.

Équipement

En plus du matériel classique de randonnée, beaucoup de personnes choisissent d’emporter un équipement de via ferrata: casque, longe et baudrier avec dégaines adaptées. De notre côté, nous avons longtemps hésité mais avons finalement choisi de partir sans, et nous ne l’avons pas regretté.

Comme nous faisions le parcours à contresens de la majorité des randonneurs, nous n’avons quasiment pas été exposés aux chutes de pierres. En revanche, dans le sens classique et sur des passages plus fréquentés, le risque est probablement bien plus présent, ce qui peut rendre le casque utile, voire indispensable.

Nous n’avions ni baudrier ni longe, mais nous pratiquons tous les deux un peu l’escalade et avons eu des conditions relativement sèches dans tous les passages de via ferrata, ce qui nous a permis d’aborder sereinement les passages les plus vertigineux. Certains tronçons demandent en effet de grimper ou désescalader sur terrain exposé. Si vous n’êtes pas totalement à l’aise avec ce type de passage, il est sans doute préférable d’emporter un équipement de via ferrata.

Enfin, un sac compact, léger et bien ajusté améliore nettement le confort sur ces sections techniques et facilite les mouvements.

Refuges, réservations et réductions

Les refuges de l’Alta Via 2 des Dolomites proposent dortoirs et parfois chambres privées. Certaines étapes comme Passo Cereda ou Miralago sont de véritables hôtels. Réservez plusieurs mois à l’avance. À noter que les week-ends sont particulièrement pris d’assaut.

Il n’existe pas de système centralisé de réservation donc il faut les contacter individuellement ce qui rend la logistique un peu laborieuse. Je m’y suis pris tardivement (en juin pour partir en septembre), et les disponibilités nous ont poussés à faire le parcours en sens inverse.

Voici la liste des refuges classés du sud au nord que j’ai répertorié lors de mes recherches :

Nous avons hésité à nous inscrire au club alpin italien qui aurait permis d’avoir des réductions dans plusieurs des refuges mais nous nous y sommes pris un peu tard. Certains refuges donnaient des réductions pour les membres d’autres clubs alpins européens.

Il est malheureusement interdit de camper.

Saison recommandée

La période idéale pour parcourir l’Alta Via 2 dans les Dolomites s’étend généralement de fin juin à mi-septembre, lorsque les refuges sont ouverts et que les sentiers sont normalement dégagés de la neige.

Juillet et août offrent les conditions les plus stables (parfois très chaudes), mais ce sont aussi les mois les plus fréquentés.

En début de saison, certains passages en altitude peuvent encore être enneigés, tandis qu’en fin de saison la météo devient plus incertaine, les jours sont plus courts et certains refuges commencent à fermer.

Sens du parcours

Nous avons choisi de parcourir l’Alta Via 2 des Dolomites à contresens du parcours classique, du sud au nord, pour des raisons logistiques. Le faire dans ce sens nous a permis de profiter d’une expérience plus calme et plus solitaire. D’une part, ceci permettait de passer par les via ferrata avec moins de risque de chute de pierre causé par d’autres randonneurs. D’autre part, cela favorisait l’observation de la faune. Nous avons par exemple vu des chamois 6 jours sur 10, alors que les personnes croisées dans l’autre sens nous disaient n’en avoir aperçu que très rarement.

Cependant, le sens classique de l’Alta Via 2 des Dolomites est du nord au sud, et il présente d’autres avantages. C’est d’abord le meilleur choix pour ceux qui aiment les rencontres : comme la majorité des randonneurs empruntent cet itinéraire dans ce sens, on retrouve souvent les mêmes personnes aux étapes suivantes. Les distances et dénivelés y sont aussi mieux répartis et les via ferrata sont pensées pour le faire dans ce sens-là (principalement en montée), ce qui équilibre davantage les journées. Enfin, j’ai trouvé que, dans ce sens, les paysages gagnaient en beauté au fil du parcours.


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